CR petit déjeuner du 7 mai

« Solitude »

Le petit déjeuner du 7 mai 2011

 

« Solitude », le thème du dernier petit déjeuner de Tôtout’Arts.

Un thème apparemment sombre, difficile, douloureux peut-être même.

Certes. Et pourtant…

La solitude, en en parlant, devient tout un programme.

De la solitude du créateur, seul face à sa toile, en passant par celle de l’artiste interprète, jusqu’à chacune de ces solitudes que chacun d’entre nous a pu connaître.

Une quinzaine de personnes sont venues ce matin du 7 mai 2011 afin de partager leur vision, leur idée, leur expérience de la solitude.

Une grande richesse est alors apparue, nourrie de la parole de chacun, une foule de solitudes :

... de la solitude subie à la solitude choisie,

... de la solitude destructrice à la solitude créatrice,

... de la solitude enfermante à la solitude ressourçante,

chacun a ouvert des routes d’appréhension, nourries et diverses.

Jusqu’à presque s’y perdre.

Jusqu’à se demander quel était vraiment le visage de cette solitude si protéiforme.

Jusqu’à s’interroger sur sa première approche, jusqu’à tout à coup pouvoir envisager la solitude sous de multiples angles, même les plus positifs.

Surprenant petit déjeuner, où d’un témoignage à l’autre, les solitudes se sont dites, dévoilées, partagées.

Les solitudes du handicap, de la perte, de l’isolement, de la difficulté à communiquer, de l’âge, de la maladie, etc. Seul(e) au beau milieu de la foule … la démarche facile ou difficile selon les personnalités d'ouvrir à l'autre, d'établir le contact pour rompre la solitude.

Les solitudes aussi nécessaires pour se recentrer, se retrouver, s’explorer, créer, avant de retrouver le groupe.

Les solitudes à oser aussi : un temps pour soi, pour lire, pour ne rien faire, pour écouter, regarder, méditer, pour ré appréhender le monde sous l’aspect de la lenteur, sans la peur du vide.

Des constats alors. Cette société où nous vivons qui laisse de moins en moins de place à la solitude, du bruit sans cesse, de l’incitation à agir sans repos, à consommer pour oublier nos solitudes.

Des jeunes qui s’en rendent compte, qui remarquent qu’ils sont sans arrêt « assistés », mais qui font tout de même l’expérience de la solitude (étudier seul, quitter le cocon familial pour aborder l’inconnu, etc.), souvent sans y avoir été préparés.

Parfois, d’apparentes digressions nous ont emmenées sur la route de la peinture, la voie solitaire du peintre, qui inscrit couleurs, matières et impressions dans le temps. La voie solitaire de celui qui reçoit l’œuvre, le tableau, la danse, le dessin, la musique. Des points de vues se sont partagés, toujours dans l’écoute et l’accueil du ressenti de chacun.

Des textes poétiques ont jalonné les échanges, afin de les étayer, de souligner des paroles, de relancer le débat, d’ouvrir de nouvelles approches.

Tout un monde, ces solitudes.

De quoi parler longtemps encore, au-delà du temps imparti. 2h30 pour un sujet pareil, au bout du compte, cela semble même trop court. Il y aurait tant de choses à dire encore.

Chacun repart, le ventre plein de douces viennoiseries et de liquides réconfortant, mais surtout, la tête un peu chamboulée par tous ces possibles. En soi, assurément, la joie d’un instant suspendu loin de la solitude, d’un moment d’écoute, d’enrichissement mutuel, d’ouverture à chacun. Au fond de soi, peut-être, une nouvelle force pour vivre nos solitudes autrement...

 

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